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30/05/2017

CERDON

 

 Même si le réel abîme quelquefois l’espérance !

 samedi 27 mai 2017

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JOURNÉE NATIONALE DE LA RÉSISTANCE
CÉRÉMONIE AU PIED DU MONUMENT DU VAL D’ENFER AUX MAQUIS DE L’AIN ET DU HAUT-JURA A CERDON (AIN)

 

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Avec la délégation de THÔNES, commune titulaire de la Médaille de la Résistance, conduite par son maire Pierre BIBOLLET

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 Discours de Madame Marie-Claude JARROT,

  • Maire de Montceau-les-Mines,
  • Présidente de l' ANCMRP.

 

 

 

« Dans un univers passablement absurde, il y a quelque chose qui n'est pas absurde, c'est ce que l'on peut faire pour les autres » disait André Malraux, posant quelque part le décor d’une ambition nouvelle au service de la France.

Cette ambition, le CNR lui donnera même le nom de « nouvelle République » qui réunira des femmes et des hommes, divers, de toutes origines, n’ayant rien en commun sauf peut être l’essentiel : la volonté de dire non.

Non à une nation qui ferait du mal à son meilleur ami, à la lumière de René Char dans ses Feuillets d’Hypnos : « L'acquiescement éclaire le visage. Le refus lui donne sa beauté ».

Non à une nation qui se résoudrait à  décliner l’offre de services des valeurs  humanistes qui doivent pourtant nous animer.

Non, enfin, à se laisser faire qui donnera naissance à la pire des barbaries.

Cette volonté de dire non, elle viendra de femmes et d’hommes de toutes considérations, hommes de lettres, cheminots, ouvriers, instituteurs, mineurs ou marquis, s’engageront dans la résistance.

Certes,  ces résistants ne furent pas tous des héros mais l’héroïsme était du côté de la Résistance.

Ils savaient tous que le prix de leur combat était que, combattants, ils pouvaient succomber. Et beaucoup succombèrent.

En ce jour d’hommage national, nous voulons, l’Association des Communes médaillées de la Résistance Française veut, encore et toujours, faire vivre et revivre ce peuple des ombres, mortes, mais bien plus vivantes que certains vivants.

Faire sens aussi à cette nécessité de toujours dire et redire les choses pour qu’elles vivent.

Certes, rien n’était simple. Et même si le Général De Gaulle incarne aujourd’hui une certaine idée de la France, sa légitimité le 18 juin 40 est bien mince.

Churchill lui-même contestera cette légitimité en lui interdisant le 19 juin d’annoncer la formation d’un comité National.

Ce Comité national  qui ne sera finalement mis en place que le 24 septembre 1941 pour parvenir à cette Résistance unifiée le 27 mai 1943.

Certes, rien n’était simple pour en arriver là. Et comme le rappellera Malraux dans son discours d’hommage à Jean Moulin le 19 décembre 1964 lors de son entrée au Panthéon « Jean Moulin a été le Carnot de la Résistance », s’employant jour après jour à donner corps à cette Armée de l’ombre.

Mais rien n’est simple aujourd’hui non plus.

 

Et il nous fait faire face à bien des dangers.

 

Certains, les plus abjectes, qui portent le nom de terrorisme et s’enrichissent du sang versé des victimes de la barbarie.

 

D’autres, plus sournois, qui endormiraient les esprits. Un peu comme une mémoire qui flanche et qui voudrait tirer sa révérence, trahie par l’avanie du doute ou du recul.

 

D’autres encore, mis en avant par des historiens sceptiques, qui dénoncent aujourd’hui une « inflation commémorative  qui engendrerait un désintérêt généralisé ».

 

Nous, les communes médaillées de la Résistance Française, ne pouvons naturellement nous satisfaire de ces dérives qui portent atteinte à la mémoire.

Avec cette journée nationale du souvenir, dirigée principalement vers la jeunesse, c'est l'impératif de transmission qui est assuré.

Nous ne pouvons naturellement nous résoudre à trouver des excuses à l’oubli.

Et c’est l’une de nos missions fortes de notre démarche de faire entendre, ce jour ici, demain ailleurs, la voix qui porte  le message brulant du grand feu du don de soi.

De bouches modestes ou augustes, le monde des communes Résistantes doit parler.

 

Nous nous y employons pour que jamais ne cesse de battre le cœur de nos engagements pour les générations futures.

 

Tant et tant de cœurs, jeunes, qui ont cessé de battre dans les camps, dans les combats, dans les pièges nazis.

 

Tant et tant de cœurs qui ont continué à battre après les camps, malgré les camps, mais qui battront au rythme de souffrances que nous nous sentons à peine le droit d’évoquer.

 

Le cœur de toutes celles et tous ceux qui aimaient une vie qui aurait dû tout leur donner et qui n’oseront plus jamais envisager même d’être heureux.

 

Pour tous ceux-là, pour tout cela, le drapeau des Communes médaillées de la Résistance Française doit flotter avec le vent des mémoires plus fort que celui de l’oubli, avec la flamme du souvenir et le flambeau du désir.

 

Ce désir de l’aube qui annonce tous les jours, comme l’écrivait Baudelaire, le goût infini de la République.

Cette république résistante et heureuse qui nous oblige à l’espoir et à l’espérance même si le réel abîme quelquefois l’espérance.

C'est pourquoi, contre toute attente, l'espérance doit survivre.

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Merci de votre visite

 

 

12/05/2017

L’expansion coloniale de la France aux 19ème et 20ème siècles

https://www.ldh-toulon.net/l-expansion-coloniale-de-la-France.html 

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L’expansion coloniale de la France aux 19ème et 20ème siècles

 

Cours de Malet et Isaac - "La naissance du monde moderne" (1961)

 

 

Le domaine colonial français

 

Comparé au domaine anglais contemporain, le domaine colonial français restait bien limité en 1850. Il comprenait : 1° les débris de l’ancien empire colonial, c’est-à-dire Saint-Pierre et Miquelon, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane, en Amérique ; les comptoirs du Sénégal, en Afrique ; l’île de la Réunion, dans l’océan Indien ; les cinq comptoirs hindous, en Asie ; 2° les acquisitions de la Monarchie de Juillet : l’Algérie, les comptoirs de la Côte d’Ivoire et du Gabon, Mayotte et Nossi-Bé - aux abords de Madagascar -, quelques îles du Pacifique, dont Tahiti.

 

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Soixante-quatre ans plus tard, en 1914, l’empire colonial français, s’il était toujours moins vaste que l’empire anglais, n’en comprenait pas moins d’immenses possessions en Afrique du Nord et en Afrique Noire, ainsi qu’un bloc cohérent et riche de territoires en Indochine, sans compter des îles ou des archipels océaniens, et divers établissements dispersés.

La politique coloniale française jusqu’à 1880

Quatre périodes successives peuvent être distinguées dans l’évolution de la politique coloniale française entre 1852 et 1914 ; De 1852 à 1860, le gouvernement impérial fit preuve d’un large esprit d’entreprise, sous l’impulsion des marins- soucieux d’établir des points d’escale - et des missionnaires catholiques - désireux d’assurer le plus grand succès possible à leur oeuvre d’évangélisation. D’autres problèmes - difficultés européennes ou expédition du Mexique - détournèrent, par la suite, plus ou moins Napoléon III des questions coloniales. Cependant l’expansion ne cessa pas, grâce aux initiatives de certains administrateurs locaux, le commandant du génie Faidherbe au Sénégal, les amiraux qui gouvernaient la Cochinchine.

Après sa défaite de 1871, la France traversa, dans le domaine colonial comme sur le plan de la politique internationale, une période de « recueillement », qui se prolongea jusque vers 1880. Il y eut moins d’initiatives gouvernementales encore que de 1860 à 1870. On conserva ce qu’on possédait ; on n’acquit à peu près rien. Une quatrième période commença à ce moment. Elle comporta d’abord des initiatives privées : ainsi les missions de Savorgnan de Brazza. Puis les républicains, satisfaits d’avoir enfin établi solidement la République, se lancèrent délibérément dans la voie, alors toute nouvelle, de l’impérialisme.

L’essor de l’impérialisme français (1880-1885)

Le premier entre tous les dirigeants de la III-ème République, Gambetta osa rompre avec la politique de recueillement. Il mit son influence et son prestige au service de l’action coloniale ; il fut le véritable inspirateur de l’expédition française en Tunisie qui aboutit à l’occupation de ce pays (1881). Jules Ferry, soucieux par-dessus tout de politique intérieure, se montra d’abord plus réservé et ne suivit qu’avec hésitation Gambetta, mais il devint bientôt, à son tour, un partisan ardent de l’expansion ; par son initiative et grâce à sa ténacité, le domaine français s’agrandit, entre 1883 et 1885, de l’ Annam et du Tonkin, en même temps que l’occupation ou la conquête du Congo, du Soudan et de Madagascar était amorcée. Ferry, par ailleurs, fut le principal théoricien de l’impérialisme français ; il fut le premier à en dégager les principes fondamentaux et les buts essentiels.

La politique coloniale, telle que Gambetta et Ferry la conçurent ou la pratiquèrent après 1880, fut combattue à la fois par les royalistes et par les radicaux, qui suivaient Clemenceau. Le principal argument des adversaires de l’expansion était à ce moment l’argument national : une pareille politique, disaient-ils, mettait la France hors d’état d’agir sur le continent européen ; elle risquait surtout de faire oublier aux Français ce qui devait rester leur souci essentiel : la reprise de l’Alsace et de la Lorraine.

La politique coloniale après 1885

L’opposition à la politique d’expansion persista après la chute de Ferry (1885. Elle fut dès lors conduite surtout par les socialistes, adversaires par principe du « colonialisme », dans lequel ils voyaient un intolérable moyen d’oppression ; leur principal porte-parole fut, à partir de 1900, le grand orateur Jaurès : il ne cessa de dénoncer avec vigueur, à la tribune de la Chambre comme dans ses articles de L’Humanité, les « louches spéculations financières » qui se tramaient, disait-il, derrière les diverses entreprises de colonisation.

 

 

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Cependant, en dépit de cette opposition, la politique coloniale resta entreprenante et de nouveaux résultats substantiels furent obtenus tant en Afrique qu’à Madagascar et en Extrême-Orient, de 1890 à 1914. La présence fréquente dans les gouvernements d’anciens collaborateurs de Ferry explique en partie cette persévérance. D’autre part les gouvernements furent encouragés et soutenus par le revirement de l’opinion publique. Longtemps indifférente aux questions coloniales ou même hostile aux expéditions, celle-ci s’y montra en effet plus favorable à partir du moment où la colonisation commença à se révéler payante. La constitution d’une armée coloniale de métier (1900) fit aussi disparaître la crainte qu’on avait de voir les appelés du contingent participer à des campagnes outre-mer.

Les Français en Afrique.


Algérie et Tunisie

L’Afrique a été, de 1850 à 1914, le domaine principal de la colonisation française. Un effort vigoureux y a été poursuivi dans toutes les directions à partir des bases ou des comptoirs que la France y possédait déjà. Les trois grands secteurs de cette politique africaine ont été : l’Afrique du Nord et le Sahara ; l’Afrique Noire ; Madagascar .

La conquête de l’Algérie était à peu près terminée en 1850. Il restait cependant à soumettre les montagnards des Kabylies : ce fut fait dès 1857. Il restait aussi à assurer la sécurité des confins algériens du Sud, sans cesse menacés par les pillards sahariens : les oasis du nord du Sahara - Laghouat, Ouargla, Touggourt - furent occupées progressivement de 1852 à 1860. La possession de l’Algérie une fois assurée, une nouvelle tâche se proposa aux dirigeants français : garantir la présence française en Algérie en étendant l’influence ou la domination françaises sur les pays limitrophes : la Tunisie, le Maroc, le Sahara central et méridional. Différée de 1860 à 1879, cette tâche fut inaugurée après l’arrivée au pouvoir des républicains, en 1880 ; elle était à peu près achevée en 1912, à la veille de la Grande Guerre.

 

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La question de Tunisie fut posée et résolue la première. La Tunisie était un État vassal de la Turquie, qui avait pour souverain un bey. Les Français y exerçaient une forte influence, mais s’y heurtaient à la résistance d’une nombreuse colonie italienne, fermement soutenue par le gouvernement italien. En 1881, la situation devint telle que, sur les instances de Gambetta, Jules Ferry, alors président du Conseil, se décida à agir. Les incessantes pilleries commises à la frontière algérienne par des tribus tunisiennes, les Kroumirs, servirent de prétexte à l’entrée des troupes françaises en Tunisie (avril 1881). Le bey n’essaya pas de résister ; il signa le traité du Bardo qui plaçait la Tunisie sous le protectorat de la France (12 mai 1881)

Le Sahara et le Maroc

Après la Tunisie, l’expansion française au Maghreb a visé le Sahara algérien, dont l’occupation devait assurer à la fois la sécurité de l’Algérie vers le Sud et la liaison avec les nouvelles colonies de l’Afrique Noire. On occupa dès 1882 Aïn-Sefra et les oasis du Mzab, puis il y eut, pendant vingt ans, un temps d’arrêt. Les opérations décisives eurent lieu à partir de 1900.

On prit possession des oasis du Touat(1901), puis de celles du Hoggar, en plein cœur du désert saharien. La police du désert fut assurée par l’organisation de compagnies indigènes de « méharistes ».

 

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La situation du Maroc, qui flanque l’Algérie à l’ouest comme la Tunisie le fait à l’est, explique que tôt ou tard les Français devaient chercher à y établir leur influence. Envisagée à plusieurs reprises depuis 1840, la pénétration française avait cependant toujours été différée soit par crainte de complications internationales, soit parce que des sultans énergiques avaient réussi à maintenir un calme au moins relatif. L’intervention française ne fut, en fait, décidée que lorsque l’incapacité d’un nouveau sultan, Abd-ul Aziz, eut fait renaître l’anarchie et que des empiétements étrangers purent être redoutés (1896). Contrairement à ce qui s’était passé pour la Tunisie, l’entreprise apparut tout de suite très difficile par suite de la nature montagneuse du pays, de la valeur guerrière de ses habitants et surtout de l’opposition que fit aux tentatives françaises l’empereur allemand Guillaume II. La signature d’un accord franco-allemand sur le Maroc n’intervint qu’en 1911. Le protectorat français sur ce pays fut aussitôt proclamé (1912). Il ne resta plus dès lors qu’à assurer militairement la pacification des régions dissidentes. Le général Lyautey, qui avait fait ses preuves au Tonkin et à Madagascar, en fut chargé. Dès avant la fin de 1912, la capitale du Sud, Marrakech, était occupée ; en 1914, la prise de possession de Taza, aux confins algéro-marocains, assurait la liaison avec l’Algérie.


L’Afrique Noire

L’expansion française en Afrique Noire reçut une impulsion décisive dès le Second Empire, grâce à l’action de Faidherbe au Sénégal. Nommé en 1854 gouverneur des comptoirs français de la région, celui-ci entreprit en effet aussitôt de transformer ces comptoirs en colonie, en conquérant leur arrière-pays ; il sut aussi trouver les modes de conquête et de colonisation appropriés à ce nouveau champ d’action. En 1865- année du départ définitif de Faidherbe - le Sénégal s’étendait jusqu’au cours supérieur du fleuve dont il porte le nom ; son commerce - la traite des arachides- avait triplé ; des missions d’exploration avaient été envoyées plus loin encore vers l’intérieur, en direction du Niger supérieur.

 

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Après un temps d’arrêt qui dura jusque vers 1880, la pénétration du Soudan occidental recommença, la conquête et la pacification allant souvent de pair avec l’exploration. Elle se fit en partant à la fois de la colonie du Sénégal et des comptoirs établis sur la côte du golfe de Guinée. Les missions envoyées du Sénégal parvinrent, en dépit de la résistance acharnée de certains potentats locaux, jusque sur le cours supérieur du Niger (1880-1893), puis les Français entrèrent à Tombouctou, tête de ligne des caravanes à destination du Maghreb (1893). La pacification des régions situées dans la boucle du Niger fut effectuée un peu plus tard, après la destruction de l’empire musulman qu’avait fondé un chef noir, Samory (1898). La progression, à partir des côtes du golfe de Guinée, fut relativement aisée dans l’arrière-pays de la Guinée et de la Côte d’Ivoire (1887-1889), mais elle nécessita de vigoureux efforts militaires au Dahomey ; il fallut envoyer des forces importantes pour vaincre le puissant roi de ce pays, Behanzin (1892).

La fondation du Congo français, en Afrique équatoriale, fut due à Savorgnan de Brazza, qui agit d’abord à titre privé (1875-1878), puis en tant que chargé de missions officielles (1879-1880). Brazza fit passer le Gabon et le Moyen Congo sous la domination de la France, sans coup férir et en gagnant la confiance des indigènes par son comportement loyal. Au contraire, la pénétration dans la région du Tchad se révéla très difficile. Elle ne s’acheva, en fait, qu’en 1900, quand trois missions venues de l’Algérie, du Soudan et du Moyen Congo eurent fait leur jonction et eurent détruit l’empire noir établi par un émule de Samory, le féroce marchand d’esclaves Rabah.

L’Afrique orientale. Madagascar

Alors qu’elle s’est formé un vaste empire dans la partie occidentale de l’Afrique Noire, la France ne s’est guère manifestée en Afrique orientale où l’Angleterre et l’Allemagne se sont taillé les meilleures parts. La seule occupation française dans ces régions fut, au débouché de la mer Rouge sur l’océan Indien, celle d’un petit territoire sur la côte des Somalis. Le port d’Obock (1862), puis celui de Djibouti (1892) y furent fondés et équipés pour servir d’escales sur la route des Indes et de voies d’accès vers l’empire d’Ethiopie.

 

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Exclue d’Afrique orientale, la France a trouvé une appréciable compensation dans l’annexion de la grande île de Madagascar, séparée de l’Afrique australe par le canal de Mozambique. Cette annexion, qui se fit en 1896, apparut comme la conclusion logique d’une longue histoire.

Les Français avaient pris pied à Madagascar dès le XVlIe siècle. Puis ils avaient engagé, dans la première moitié du XIXe siècle, une lutte d’influence avec les Anglais : Français et Anglais s’étaient disputé - avec des chances alternées - la faveur des souverains hovas, maîtres des hauts plateaux de l’île. Une première intervention française, en 1884, aboutit à la signature d’un traité - assez vague - de protectorat. L’insuffisance même de ce traité et de nouvelles crises provoquèrent, en 1895, une autre intervention militaire, beaucoup plus énergique. Un traité plus strict de protectorat fut imposé au souverain hova, puis, dès 1896, l’annexion pure et simple de l’île fut proclamée. La pacification, l’organisation et la mise en valeur de la nouvelle colonie furent aussitôt menées de main de maître par un colonisateur remarquable, le général Gallieni.

Les Français en Océanie et en Asie

Déjà maîtresse de plusieurs îles ou archipels en Océanie, la France y a aussi acquis, en 1853, la grande île de la Nouvelle Calédonie. Cependant les acquisitions qui ont été faites après 1850 en Asie ont eu une tout autre importance. La France est en effet devenue, par son installation dans la péninsule indochinoise, une puissance extrême-orientale au moment même où l’Extrême-Orient commençait à tenir une place de plus en plus grande dans la vie économique et politique du monde.


La Cochinchine et le Cambodge

La première intervention militaire de la France en Indochine, sous le Second Empire, a été directement provoquée par le souci d’assurer la sécurité des missionnaires catholiques que l’empereur d’Annam persécutait. Le désir de développer le commerce français en Indochine même et surtout d’établir, à travers l’Indochine, des voies de pénétration commerciale vers le Sud de la Chine a ensuite poussé à maintenir et à étendre les premiers établissements qu’on avait acquis. Les deux événements essentiels, entre 1852 et 1870, furent la conquête, d’abord partielle (1863), puis totale (1867) de la Cochinchine ; l’établissement du protectorat français sur le royaume de Cambodge, voisin immédiat de la nouvelle colonie cochinchinoise (1863).


Le Tonkin, l’Annam et le Laos

Maîtresse de la Cochinchine et protectrice du Cambodge, la France a ensuite étendu sa domination ou son influence sur l’Annam, le Tonkin, les plateaux mois et laotiens. Ces diverses acquisitions ont toutes été réalisées sous la Troisième République, entre 1880 et 1900.

 

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L’idée de conquérir le Tonkin apparut dès avant 1870, à la suite d’une mission d’exploration que Francis Garnier dirigea dans l’intérieur du pays ; cette mission permit en effet d’établir que la vallée du Fleuve Rouge, au Tonkin, constituait la meilleure voie d’accès vers les provinces de la Chine du Sud. cependant une première tentative pour occuper le Tonkin échoua tragiquement (1873) ; cet échec entraîna, pendant dix ans, l’arrêt de toute opération. En Indochine, comme en Afrique du Nord, en Afrique Noire ou à Madagascar, l’arrivée des républicains aux affaires marqua la reprise des initiatives. Gambetta et Ferry furent, ici encore, les deux initiateurs. Un incident, au cours duquel une petite force française envoyée au Tonkin, sous le commandement de Rivière. fut anéantie, fut suivi de l’envoi d’un corps expéditionnaire en Extrême-Orient (1883). Après une courte guerre, l’empereur d’Annam, maître du Tonkin, se soumit : l’Annam et le Tonkin passèrent sous le protectorat français. La crise ne fut pas terminée pour autant car la Chine, qui prétendait à une suzeraineté sur l’Annam, refusa de reconnaître le traité. Il fallut faire aussi la guerre à la Chine ; celle-ci dut en fin de compte s’incliner (1885).

La prise de possession des régions situées entre le territoire annamite proprement dit et le cours du Mékong fut effectuée par des moyens surtout pacifiques entre 1885 et 1895. Un courageux explorateur, Maître, fit reconnaître l’autorité française par les rudes habitants des plateaux moïs, tandis qu’un autre explorateur, Pavie, parcourait, tel Brazza au Congo, les montagnes et les plateaux du Laos, passant avec les chefs indigènes de nombreux traités de protectorat.

Les problèmes locaux d’organisation

Comme la colonisation anglaise, la colonisation française n’a pas consisté seulement dans l’acquisition de nouveaux territoires. Des problèmes d’organisation ont exigé des solutions. On peut, à cet égard, distinguer les problèmes locaux, propres aux divers territoires, et les problèmes d’organisation générale de l’ensemble du domaine colonial.

Sur le plan local, les problèmes et les solutions ont naturellement varié selon les pays, les circonstances, le contexte politique ou international. Le Cambodge, la Tunisie, l’Annam puis le Maroc ont été organisés en protectorats, la France n’y assumant - en droit - qu’une fonction de contrôle. En revanche, la Cochinchine, les territoires de l’Afrique Noire, Madagascar ont été organisés en colonies soumises à une administration directe.

 

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Les deux aspects de la question qui doivent retenir le plus l’attention ont été la formation de grandes fédérations coloniales, ainsi que la longue série de tentatives faites pour donner à l’Algérie un statut durable. La première grande fédération coloniale qui fut formée fut l’Union indochinoise (1887). Elle servit plus ou moins d’exemple pour les autres : l’Afrique occidentale française (1904) et l’Afrique équatoriale française (1910). A la différence des dominions britanniques, ces trois fédérations constituèrent seulement des cadres administratifs. Elles ne comportèrent ni parlement ni gouvernement responsable.

Le problème de l’organisation de l’ Algérie fut, quant à lui, tout autant économique et humain qu’administratif. Il s’est présenté, durant toute la période, sous la forme d’une alternative : fallait-il considérer l’Algérie comme un pays ayant ses caractères particuliers ? fallait-il la traiter comme un simple prolongement de la France métropolitaine ? La première conception - dite de l’association - fut l’objet de deux essais de réalisation : l’un - qui prit une forme extrême -, de 1860 à 1870 ; l’autre, où l’application fut plus nuancée, de 1896 à 1914. La seconde conception - qualifiée d’assimilation - fut pareillement expérimentée à deux reprises : de 1852 à 1860, puis de 1870 à 1896. A dire le vrai, ni l’une ni l’autre conception ne donnèrent satisfaction. L’hésitation persistait encore en 1914.

Le problème d’organisation générale

Le problème d’une organisation générale de l’empire français ne s’est guère posé, en fait, qu’après 1885. Quelques efforts furent dès lors tentés pour donner une plus grande cohésion aux divers éléments que le domaine d’outre-mer comportait : un secrétariat d’État aux colonies, dépendant du ministère de la Marine, fut créé en 1887 et confié à l’un des chefs du « parti colonial », Etienne, député d’Oran ; un Conseil supérieur des Colonies - comprenant les sénateurs et les députés coloniaux ainsi que les délégués des colonies sans député - fut organisé en 1890 ; enfin un ministère des Colonies fut établi en 1894. Dans l’ensemble, cependant, les résultats restèrent très incomplets ; en 1914, par exemple, les territoires français d’outre-mer continuaient à dépendre, pour leur administration ou leur surveillance, de trois ministères différents : celui des Colonies, celui des Affaires étrangères - pour les protectorats - et celui de l’Intérieur - en ce qui concernait l’Algérie.

 

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la France

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